Guide pratique, construction
Vérifier la cohérence entre CCTP et DPGF avant de chiffrer
Le CCTP décrit ce qu'il faut construire, la DPGF découpe ce que vous allez facturer. Quand les deux ne disent pas la même chose, l'écart se découvre au chantier, à vos frais. Ce guide s'adresse aux économistes, aux métreurs et aux chargés d'études de prix : pourquoi les deux pièces divergent, quelle pièce prévaut, les neuf contrôles à mener dans l'ordre, un exemple commenté et une checklist à garder ouverte pendant le prochain chiffrage.
- Publié le
- Sources vérifiées le
- Lecture
- 15 min
- Rédigé par
- L'équipe Mirage
Ce que vérifier la cohérence veut dire
Vérifier la cohérence entre le CCTP et la DPGF, c'est rapprocher les deux pièces dans les deux sens, article par article et poste par poste, avant de poser le moindre prix. Le premier sens part du CCTP : chaque prescription doit avoir une ligne qui la rémunère. Le second part de la DPGF : chaque ligne doit avoir une prescription qui dit ce qu'elle contient. Entre les deux, on contrôle la numérotation, les unités, la nature des quantités, les options et les renvois entre lots.
Les sigles, une fois. Le CCTP, cahier des clauses techniques particulières, décrit les ouvrages, les matériaux, les performances et les modes d'exécution. La DPGF, décomposition du prix global et forfaitaire, est le cadre dans lequel le candidat ventile son prix poste par poste. Ce que vaut chacune des pièces de prix, DPGF, BPU et DQE, est traité dans le guide DPGF, BPU, DQE : différences et valeur contractuelle.
Les définitions complètes, le rang de chaque pièce et ce qu'elle peut exiger sont dans les guides CCTP : définition, contenu et grille de lecture et DPGF : définition, valeur contractuelle et modèle Excel.
Ce que le contrôle doit produire
Un tableau d'écarts, chacun avec ses deux références, l'article du CCTP et le poste de la DPGF, et pour chacun une décision : question écrite, provision, hypothèse consignée ou correction de forme. Sans ce tableau, le contrôle n'a pas eu lieu, même si tout le monde a lu les deux pièces.
Ce rapprochement est l'un des contrôles croisés décrits dans la méthode pour analyser un DCE, traité ici en détail. Il suppose le métré établi, selon la méthode du métré sur plan PDF, puisque plusieurs contrôles comparent le cadre à vos propres quantités.
Pourquoi les deux pièces divergent
Un écart entre CCTP et DPGF n'est pas le signe d'un dossier bâclé. Il tient à la manière dont les deux pièces sont produites, et ses causes se répètent d'un dossier à l'autre.
- Deux auteurs, deux calendriers. Le CCTP décrit l'ouvrage lot par lot ; le cadre de DPGF découpe le prix. Les deux ne sont pas forcément écrits par la même personne, ni au même moment, ni à partir du même état des plans.
- Les modifications ne se propagent pas d'elles-mêmes. Un article modifié par un additif ne met pas à jour le cadre de prix, et l'inverse non plus. Une DPGF v2 diffusée sans nouvel indice de CCTP, ou l'inverse, est le cas typique.
- La reprise d'une opération précédente. Un article ou un poste hérité d'un autre dossier survit dans l'une des deux pièces et disparaît de l'autre. Il se reconnaît à un ouvrage que les plans ne montrent nulle part.
- Les limites entre lots. Une prestation décrite au CCTP d'un lot peut être chiffrée dans la DPGF d'un autre, dans les deux, ou dans aucune. Calfeutrements, réservations, socles, trappes et habillages sont les candidats habituels.
- L'intitulé plus court que la prescription. Le poste dit « Doublage », l'article précise l'isolant, sa résistance thermique, le pare-vapeur et le traitement des angles. Chiffrer l'intitulé, c'est chiffrer un autre ouvrage.
Chacune de ces causes laisse une trace reconnaissable, et c'est ce qui rend le contrôle méthodique possible : on ne cherche pas des erreurs au hasard, on cherche cinq motifs connus.
Quelle pièce prévaut en cas de contradiction
La réponse ne se présume pas : elle se lit dans le marché. En marché public de travaux, les clauses du marché peuvent être déterminées par référence à des documents généraux, dont le cahier des clauses administratives générales travaux, le CCAG Travaux. Le code de la commande publique ajoute : « Lorsque le marché fait référence à des documents généraux, il comporte, le cas échéant, l'indication des articles de ces documents auxquels il déroge. »
Source : Code de la commande publique, article R2112-2 ; article R2112-3.
Quand le marché vise le CCAG Travaux de 2021 sans déroger à son article 4.1, l'ordre est fixé : « En cas de contradiction entre les stipulations des pièces contractuelles du marché, elles prévalent dans l'ordre de priorité suivant ». Le CCTP y occupe le quatrième rang. Les éléments de décomposition de l'offre financière du titulaire arrivent au neuvième ; le commentaire du CCAG indique qu'ils « peuvent notamment comprendre » l'état des prix forfaitaires, le bordereau des prix unitaires, le détail estimatif et les décompositions de prix forfaitaires.
| Rang | Pièce |
|---|---|
| 1 | L'acte d'engagement et ses éventuelles annexes financières |
| 2 | Le cahier des clauses administratives particulières (CCAP) ou le document qui en tient lieu |
| 3 | Le programme ou le calendrier détaillé d'exécution des travaux |
| 4 | Le cahier des clauses techniques particulières (CCTP) ou le document qui en tient lieu |
| 5 | Le CCAG Travaux |
| 6 | Le cahier des clauses techniques générales (CCTG), si le marché s'y réfère |
| 7 | L'offre technique du titulaire |
| 8 | Les actes spéciaux de sous-traitance postérieurs à la notification |
| 9 | Les éléments de décomposition de l'offre financière du titulaire |
| 10 et 11 | Le cahier des charges BIM et la convention BIM, le cas échéant |
Source : CCAG Travaux, arrêté du 30 mars 2021, article 4.
Conséquence pratique : dans ce cadre, une prescription du CCTP l'emporte sur une ligne de prix qui la contredit. Le même CCAG définit le prix forfaitaire comme « tout prix qui rémunère le titulaire pour un ouvrage, une partie d'ouvrage ou un ensemble déterminé de prestations défini par le marché », et précise que les prix sont réputés tenir compte de toutes les sujétions d'exécution normalement prévisibles. Le forfait rémunère ce que le marché définit, pas la liste des lignes du cadre : un article du CCTP absent de la DPGF ne sort pas du périmètre, il reste sans prix en face.
Source : CCAG Travaux 2021, article 9 (9.1.1 et 9.2).
Deux limites à cette lecture
Elle suppose que le marché vise le CCAG Travaux de 2021 et que le CCAP ne déroge pas à son article 4 : lisez d'abord l'article du CCAP qui énumère les pièces contractuelles. En marché privé, l'ordre est celui que le contrat énumère.
Elle porte sur les pièces du marché signé. Pendant la consultation, la bonne réponse à une contradiction reste la question écrite, pas l'application silencieuse d'un ordre de priorité : une hypothèse que vous tranchez seul devient votre hypothèse.
Au Maroc
Le décret n° 2-22-431 du 8 mars 2023 relatif aux marchés publics ne parle pas de DPGF. Pour un marché à prix global, il prévoit le bordereau du prix global et la décomposition du montant global, qui répartit les prestations par poste et « peut indiquer les quantités forfaitaires pour les différents postes » ; pour un marché à prix unitaires, le bordereau des prix et le détail estimatif, qui peuvent former un document unique, le bordereau des prix-détail estimatif (article 4). Lorsque les postes d'un marché à prix global portent des quantités, ce sont des quantités forfaitaires établies par le maître d'ouvrage (article 14).
L'ordre de priorité se lit dans le cahier des prescriptions spéciales (CPS) : le décret impose qu'il contienne « l'énumération par ordre de priorité des pièces incorporées au marché », ainsi que l'indication des articles des cahiers généraux auxquels il déroge (article 16). Le décret tranche lui-même deux discordances de l'offre financière : entre le bordereau des prix et le détail estimatif, les prix du bordereau des prix prévalent ; entre le bordereau du prix global et la décomposition du montant global, c'est le montant total de la décomposition qui prévaut (article 30).
Source : Décret n° 2-22-431 du 8 mars 2023 relatif aux marchés publics, articles 4, 14, 16 et 30.
Les neuf contrôles, dans l'ordre
L'ordre compte : les deux premiers contrôles préparent le terrain, les six suivants cherchent les écarts, le dernier les transforme en décisions. Les faire dans le désordre, c'est rapprocher deux versions qui ne se correspondent pas, ou chercher des unités fausses sur une table de correspondance qui n'existe pas encore.
Étape 1
Figer les versions des deux pièces
Relevez l'indice du CCTP, la version du cadre de DPGF et la liste des additifs, puis vérifiez que les deux pièces portent sur le même lot et sur le même état du dossier. Un contrôle mené sur deux versions différentes produit des écarts qui n'existent pas, et en cache d'autres.
Étape 2
Construire la table de correspondance
Listez les articles du CCTP et les postes de la DPGF sur deux colonnes, puis reliez-les un à un. Les deux numérotations ne se suivent pas forcément : un article peut couvrir plusieurs postes, et un poste plusieurs articles. La table fait apparaître les sauts de numérotation, les doublons et les articles renumérotés par un additif.
Étape 3
Chercher les articles décrits mais non chiffrés
Partez du CCTP et cochez, article par article, le poste qui rémunère chaque prescription. Un article sans poste est l'écart le plus coûteux en prix global et forfaitaire, puisque la prestation reste due sans prix en face.
Étape 4
Chercher les postes chiffrés sans prescription
Faites le contrôle dans l'autre sens : pour chaque poste de la DPGF, retrouvez l'article qui en définit le contenu. Un poste sans prescription est soit le reste d'une version précédente, soit un ouvrage décrit ailleurs, sur un plan ou dans un autre article, dont le contenu dépasse l'intitulé.
Étape 5
Comparer chaque unité au mode de métré prescrit
Rapprochez l'unité de chaque poste (m², ml, m³, unité, ensemble, forfait) de ce que le CCTP dit du mode de métré de l'ouvrage. Un poste en mètres linéaires pour un ouvrage que le CCTP fait mesurer en surface change l'ordre de grandeur du prix.
Étape 6
Distinguer quantités du cadre, quantités à métrer et lignes pour mémoire
Repérez les postes à l'ensemble ou au forfait, les quantités déjà portées au cadre et les lignes « PM ». Le RC et le CCAP disent ce que valent les quantités du cadre ; rapprochez-les dans tous les cas de votre métré, et faites préciser ce que couvre chaque ligne pour mémoire.
Étape 7
Isoler variantes, options et prestations supplémentaires éventuelles
Vérifiez que chaque option ou prestation supplémentaire éventuelle décrite au CCTP a sa propre ligne, hors du total de base, et qu'aucune n'a été fondue dans un poste de base. Une variante se présente comme le RC le prévoit, séparée de l'offre de base.
Étape 8
Suivre les renvois entre lots
Relevez chaque mention du type « à la charge du lot », « fourni par », « posé par », dans votre CCTP, dans celui des lots voisins et dans les prescriptions communes à tous les lots. Chaque renvoi doit trouver un poste dans la DPGF du lot qui en a la charge, et dans un seul.
Étape 9
Consigner les écarts et poser les questions
Inscrivez chaque écart avec ses deux références, l'article et le poste, et décidez de son traitement : question écrite, provision, hypothèse consignée ou correction de forme. Posez les questions tôt, par le canal prévu au RC, pour que la réponse arrive avant la remise.
Sur les questions écrites
En France, en procédure formalisée, les renseignements complémentaires sur les documents de la consultation sont envoyés aux opérateurs économiques au plus tard six jours avant la date limite de réception des offres, quatre en cas d'urgence, à condition d'avoir été demandés en temps utile. Le RC fixe le canal et, le plus souvent, sa propre date limite.
Au Maroc, la demande d'éclaircissement n'est recevable que si elle parvient au maître d'ouvrage au moins sept jours avant la séance d'ouverture des plis ; la réponse est donnée au plus tard trois jours avant cette séance, et communiquée le même jour aux autres concurrents.
Source : Code de la commande publique, article R2132-6 ; décret n° 2-22-431, article 25.
Sur les variantes, le régime dépend de l'acheteur et de la procédure : pour les pouvoirs adjudicateurs en procédure formalisée, elles sont interdites sauf mention contraire dans l'avis de marché ; en procédure adaptée, elles sont autorisées sauf mention contraire dans les documents de la consultation. Au Maroc, le règlement de consultation qui prévoit des offres variantes fixe les exigences minimales qu'elles doivent respecter, et l'offre variante fait l'objet d'un pli distinct de l'offre de base.
Source : Code de la commande publique, article R2151-8 ; décret n° 2-22-431, article 33.
Les écarts types et leur traitement
Dix écarts reviennent d'un dossier à l'autre. Pour chacun, le contrôle qui le fait apparaître et ce qu'il devient dans votre dossier de chiffrage. Aucun ne se règle en modifiant le cadre de prix de votre propre initiative.
| Écart | Comment il se repère | Ce qu'il devient |
|---|---|---|
| Article décrit, aucun poste | Contrôle du CCTP vers la DPGF, article par article | Question écrite, provision dans le poste le plus proche, hypothèse consignée |
| Poste sans prescription | Contrôle de la DPGF vers le CCTP, puis lecture des plans | Chiffrage sur la définition retrouvée ; question écrite si elle reste introuvable |
| Numérotation décalée ou en double | Table de correspondance | Correspondance consignée ; cadre rendu avec sa numérotation d'origine |
| Unité incohérente avec le mode de métré | Comparaison entre l'unité du poste et le mode de métré du CCTP | Question écrite ; métré conservé dans l'unité prescrite, conversion documentée |
| Intitulé plus pauvre que la prescription | Lecture de l'article complet, performances comprises | Chiffrage sur la prescription complète, jamais sur l'intitulé |
| Quantité du cadre différente de votre métré | Rapprochement poste par poste avec le métré | Écart écrit ; traitement selon ce que le RC et le CCAP disent des quantités du cadre |
| Ligne pour mémoire sans explication | Repérage des mentions « PM » | Question écrite : prestation incluse ailleurs, ou sans objet |
| Option ou prestation supplémentaire fondue dans le total de base | Contrôle des options du CCTP contre les postes de base | Ligne isolée hors du total de base |
| Renvoi entre lots sans poste, ou avec deux | Relevé des renvois dans les CCTP de tous les lots concernés | Question écrite sur le lot qui porte la prestation ; provision en attendant |
| Article modifié par additif, cadre inchangé | Comparaison des versions avant le bouclage | Contrôle rejoué sur les pièces en vigueur ; question si le cadre n'a pas suivi |
Une provision n'est pas une réponse. Elle protège l'offre tant que la question est ouverte, et elle se retire ou se confirme quand la réponse arrive. Une provision qui reste dans le prix sans question posée est un risque que vous facturez sans l'avoir signalé, ce qui pèse sur votre prix face aux offres qui l'ont fait trancher.
Exemple commenté : un lot de plâtrerie
Dossier pédagogique
Le dossier ci-dessous est entièrement fictif et construit pour l'exemple. Il ne reproduit aucune consultation réelle, ne porte aucun prix, et aucune réponse du maître d'ouvrage n'y est simulée : les questions restent des questions.
La consultation. Construction d'un groupe scolaire de plain-pied, marché en lots séparés, prix global et forfaitaire. Vous répondez au lot 07 : plâtrerie, cloisons et faux plafonds. Pièces : RC, CCAP, CCTP du lot 07, prescriptions communes à tous les lots, plans, et un cadre de DPGF du lot 07 en tableur, que le RC impose de rendre sans modification de structure.
| Article du CCTP | Poste de la DPGF | Constat | Traitement |
|---|---|---|---|
| 7.2.1 Cloisons de distribution 72/48, une plaque par face | 07.01 Cloisons 72/48, au m² | Cohérent | Aucun |
| 7.2.3 Cloisons hydrofuges dans les sanitaires | Aucun poste | Article décrit, non chiffré | Question écrite ; provision dans 07.01, hypothèse consignée |
| 7.3.1 Doublage thermique collé, métré au m², baies déduites | 07.03 Doublage, au ml | Unité incohérente avec le mode de métré | Question écrite ; métré conservé au m², conversion documentée |
| Aucun article | 07.06 Trappes de visite, à l'unité | Poste sans prescription | Trappes repérées sur les plans de faux plafonds ; définition demandée par écrit |
| 7.4.1 Faux plafond démontable en base ; 7.4.2 faux plafond acoustique renforcé des salles de classe en option (PSE n° 1) | 07.04 Faux plafond acoustique renforcé, toutes zones, au m² ; aucune ligne pour la PSE n° 1 | Option fondue dans le poste de base | Question écrite : ouvrage à chiffrer en base et ligne où présenter la PSE n° 1 ; base chiffrée selon 7.4.1 en attendant |
| 7.4.3 Faux plafond en plaques de plâtre dans le hall | Aucun poste 07.05 : le cadre passe de 07.04 à 07.06 | Saut de numérotation, article non chiffré | Question écrite ; cadre rendu avec sa numérotation d'origine |
| 7.1.4 Calfeutrements coupe-feu des traversées de réseaux à la charge du présent lot | Aucun poste ; le CCTP du lot plomberie les met aussi à sa charge | Renvoi entre lots contradictoire | Question écrite sur le lot qui porte la prestation ; provision tant qu'elle n'est pas tranchée |
Bilan. Sur sept rapprochements, un seul est cohérent. Six écarts, six questions écrites et deux provisions. Aucun de ces écarts ne se voit en lisant les deux pièces séparément.
Ce que l'exemple montre. Les trois prestations restées sans prix, les cloisons hydrofuges, le faux plafond du hall et les calfeutrements, ne se trouvent qu'en partant du CCTP. Un contrôle qui ne part que de la DPGF ne peut pas voir une ligne qui n'existe pas ; au mieux, il remarque le saut de numérotation de 07.04 à 07.06, qui n'est pas une coquille de mise en page mais l'indice qu'un poste a disparu du cadre.
Les calfeutrements montrent le cas le plus délicat : deux CCTP qui mettent la même prestation à la charge de deux lots. Ni l'un ni l'autre ne la chiffre forcément, chacun comptant sur l'autre. La question doit nommer les deux articles, celui du lot 07 et celui du lot plomberie, et demander lequel s'applique.
Checklist avant chiffrage
Avant de commencer
- Indice du CCTP, version du cadre de DPGF et additifs relevés
- Les deux pièces portent sur le même lot et le même état du dossier
- Article du CCAP ou du CPS qui énumère les pièces et leur ordre lu
- Règle du RC sur la modification du cadre de prix notée
- Date limite des questions écrites inscrite au rétroplanning
Pendant le rapprochement
- Table de correspondance entre articles et postes établie
- Chaque article du CCTP relié à au moins un poste
- Chaque poste de la DPGF relié à une prescription
- Sauts de numérotation et doublons relevés
- Unités comparées au mode de métré prescrit
- Postes à l'ensemble, au forfait et lignes « PM » identifiés
- Quantités du cadre rapprochées de votre métré
- Options, prestations supplémentaires éventuelles et variantes isolées
- Renvois entre lots relevés dans les CCTP de tous les lots concernés
Avant de chiffrer
- Tableau d'écarts tenu, chaque écart avec ses deux références
- Une décision par écart : question, provision, hypothèse ou correction de forme
- Questions écrites envoyées et horodatées
- Provisions placées et rattachées à leur question
- Contrôle rejoué sur chaque additif reçu avant la remise
Ce qui s'automatise, et ce qui reste à l'économiste
Ce qu'un outil de lecture documentaire peut prendre en charge
- L'extraction : les articles du CCTP avec leur numérotation et leurs prescriptions, les postes de la DPGF avec leurs unités et leurs quantités, que le cadre arrive en tableur, en PDF natif ou scanné.
- La table de correspondance : proposée dans les deux sens et sur tout le dossier, plutôt que sur un échantillon.
- Les contrôles mécaniques : articles sans poste, postes sans article, sauts de numérotation, unités qui ne correspondent pas au mode de métré, lignes « PM », options fondues dans le total de base.
- Les renvois entre lots : relevés dans les CCTP de tous les lots, y compris ceux auxquels vous ne répondez pas.
- Les additifs : le contrôle rejoué à chaque nouvelle version, avec ce qui a changé depuis la précédente.
Ce qui reste une décision humaine
Un écart signalé n'est pas un écart avéré. Interpréter une prescription, décider de poser une question et la formuler, choisir l'hypothèse, placer une provision, poser les prix et décider de répondre relèvent de l'économiste et de l'équipe. La règle de travail tient en une phrase : l'outil dresse la liste des écarts, l'économiste décide de chacun.
Ce que fait Mirage
Chez OCBM, entreprise de construction marocaine, un agent dédié vérifie la cohérence entre les versions de plans et entre les pièces du dossier, en comparant les versions de plans, le DCE et le CCTP, pour faire remonter les écarts avant qu'ils n'arrivent dans une offre remise. Les pages suivantes décrivent ce que Mirage fait sur un dossier réel, avec leurs limites :
- Analyse de DCE : lecture du RC, du CCAP, du CCTP, de la DPGF ou du BPU et des plans, avec l'article source de chaque exigence relevée.
- Contrôle CCTP et plans : le CCTP lu clause par clause en regard du jeu de plans, comparaison relancée à chaque révision.
- DPGF et BPU : le bordereau rempli depuis le métré, chaque quantité reliée à sa source, écarts entre métré et bordereau signalés.
- L'étude de cas OCBM : trois agents en production, du métré au contrôle documentaire.
Pour un premier passage sur vos propres pièces, sans rendez-vous, le vérificateur CCTP et DPGF est gratuit : vous collez les articles du CCTP et les lignes de la DPGF, il liste les prestations non chiffrées, les postes sans prescription, les intitulés divergents et les doublons.
Questions fréquentes
Qui prévaut entre le CCTP et la DPGF en cas de contradiction ?
Cela dépend des pièces du marché. Lorsqu'un marché public de travaux vise le CCAG Travaux de 2021 sans déroger à son article 4.1, le CCTP vient au quatrième rang de l'ordre de priorité et les éléments de décomposition de l'offre financière du titulaire au neuvième : le CCTP l'emporte. Le marché peut déroger à cet article, à condition de l'indiquer, et un marché privé suit l'ordre que le contrat énumère. Au Maroc, le cahier des prescriptions spéciales doit énumérer les pièces du marché par ordre de priorité. L'ordre se lit donc dans le dossier ; il ne se présume pas.
Un article du CCTP n'a pas de ligne dans la DPGF : faut-il le chiffrer ?
Il faut au moins le provisionner et poser une question écrite. En prix global et forfaitaire, le prix rémunère l'ouvrage défini par le marché, pas la liste des lignes du cadre : l'absence de ligne ne retire pas la prestation du périmètre, elle la laisse sans prix. La provision va dans le poste le plus proche, et l'hypothèse retenue est consignée dans le dossier de chiffrage en attendant la réponse.
Que faire d'un poste de la DPGF qui n'a aucune prescription au CCTP ?
Chercher sa définition ailleurs avant de le chiffrer : sur les plans, dans un autre article, dans les prescriptions communes à tous les lots. S'il n'en a nulle part, il peut s'agir du reste d'une version précédente du cadre, et la question écrite sert à le faire confirmer. Le chiffrer sur son seul intitulé revient à parier sur un contenu que personne n'a écrit.
Que signifie « PM » dans une DPGF ?
« Pour mémoire » : la ligne est conservée dans le cadre, sans montant. La mention ne dit pas, à elle seule, si la prestation est incluse dans un autre poste ou si elle est sans objet pour ce dossier. C'est précisément ce qu'il faut faire préciser par écrit avant de laisser la ligne vide.
Peut-on corriger soi-même le cadre de DPGF ?
Le règlement de la consultation le dit, et il se lit à la lettre. Lorsqu'il impose de rendre le cadre sans modification de structure, ajouter une ligne, renuméroter ou changer une unité expose l'offre à être écartée sur la forme. La voie normale est la question écrite ; la correction du cadre, s'il y en a une, vient du maître d'ouvrage.
Jusqu'à quand poser une question écrite ?
Le RC fixe le canal et, le plus souvent, une date limite. En France, en procédure formalisée, les renseignements complémentaires sur les documents de la consultation sont envoyés aux opérateurs économiques au plus tard six jours avant la date limite de réception des offres, quatre en cas d'urgence, à condition d'avoir été demandés en temps utile (article R2132-6 du code de la commande publique). Au Maroc, la demande n'est recevable que si elle parvient au maître d'ouvrage au moins sept jours avant la séance d'ouverture des plis, et la réponse est donnée au plus tard trois jours avant (article 25 du décret n° 2-22-431).
Au Maroc, quel document joue le rôle de la DPGF ?
Le décret n° 2-22-431 relatif aux marchés publics ne parle pas de DPGF. Pour un marché à prix global, il prévoit le bordereau du prix global et la décomposition du montant global, qui répartit les prestations par poste et peut indiquer des quantités forfaitaires ; pour un marché à prix unitaires, le bordereau des prix et le détail estimatif, qui peuvent former un seul document, le bordereau des prix-détail estimatif (article 4). En cas de discordance, les prix du bordereau des prix prévalent sur ceux du détail estimatif, et le montant total de la décomposition du montant global prévaut sur celui du bordereau du prix global (article 30).
Ce contrôle peut-il être automatisé ?
Sa partie lecture, oui : extraire les articles et les postes, proposer la table de correspondance, signaler les articles non chiffrés, les postes sans prescription, les unités incohérentes et les renvois entre lots, puis rejouer le contrôle à chaque additif. L'interprétation, la décision de poser une question, les provisions et les prix restent à l'économiste.
Textes consultés
Vérifiés au 1er octobre 2026. Périmètre : marchés de travaux relevant du code de la commande publique en France, et du décret n° 2-22-431 relatif aux marchés publics au Maroc. Le texte du décret a été lu dans sa version publiée au Bulletin officiel n° 7184 du 6 avril 2023. Ce guide ne contient aucun prix ni aucun pourcentage : l'exemple est fictif.
- Code de la commande publique, article R2112-2 : clauses déterminées par référence à des documents généraux, CCAG et CCTG
- Code de la commande publique, article R2112-3 : indication des articles des documents généraux auxquels le marché déroge
- Code de la commande publique, article R2112-6 : prix unitaires et prix forfaitaires
- Code de la commande publique, article R2132-6 : délai d'envoi des renseignements complémentaires en procédure formalisée
- Code de la commande publique, article R2151-8 : régime des variantes selon l'acheteur et la procédure
- CCAG Travaux, arrêté du 30 mars 2021, article 4 : pièces contractuelles et ordre de priorité en cas de contradiction
- CCAG Travaux, arrêté du 30 mars 2021, article 9 : contenu des prix, définition du prix forfaitaire et du prix unitaire
- Maroc, décret n° 2-22-431 du 8 mars 2023 relatif aux marchés publics : définitions des pièces de prix (article 4), nature des prix (article 14), contenu du cahier des prescriptions spéciales (article 16), demandes d'éclaircissement (article 25), discordances de l'offre financière (article 30), offres variantes (article 33)
Avertissement : ce guide présente une méthode de travail et le droit général à visée pédagogique. Il ne remplace pas l'analyse d'un dossier de consultation, d'un marché ou d'un litige en cours par un professionnel de la commande publique.
Ce rapprochement, Mirage le fait sur vos pièces réelles, CCTP, DPGF et plans, avec chaque écart relié à ses deux références. Réponse sous deux heures ouvrées.