Automatiser les cotations transport : de la demande reçue par e-mail à la cotation validée dans le TMS

Automatiser les cotations transport ne revient pas à trouver une formule de prix. C'est une chaîne : décider si un e-mail est bien une demande de cotation, en extraire les données de l'envoi et les contrôler, poser au client une seule question précise quand il manque quelque chose, retrouver le bon tarif contractuel et les bons tarifs d'achat dans leur version en vigueur, ajouter les surcharges et convertir les devises, appliquer vos planchers de marge, faire valider ce qui doit l'être, puis écrire la cotation dans le TMS. Ce guide détaille chaque étape, un exemple chiffré complet, qui décide dans chaque situation et comment conduire un pilote.

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20 min
Auteur
L'équipe Mirage Metrics

Périmètre : les demandes de cotation reçues par e-mail (corps du message, PDF, tableur) chez les transitaires, commissionnaires de transport et transporteurs routiers, en aérien, maritime et routier, jusqu'à la cotation enregistrée dans le TMS. La construction d'un prix de revient et la lecture d'une grille relèvent du guide de cotation transport routier, cité plus bas ; la douane et le choix d'un éditeur ne sont pas traités.

En bref

Adapté à
Les transitaires, commissionnaires et transporteurs dont l'agence répond chaque jour à de nombreuses demandes sur des trajets pour lesquels ils ont déjà des tarifs : directeurs d'agence, responsables tarification, responsables d'exploitation et dirigeants qui décident quoi automatiser.
Ce qu'il faut fournir
La boîte de réception des demandes, les contrats et tarifs de vente clients, les grilles d'achat avec leurs versions, les tableaux de surcharges, la règle de taux de change, les règles commerciales (planchers de marge, minimums, seuils de validation) et un accès au module de cotation du TMS.
Ce qui s'automatise
Le tri de la boîte, l'extraction des données, leur contrôle, le calcul du poids taxable, la rédaction de la question au client, la recherche des tarifs, l'application des surcharges, des devises et des règles, la préparation de la cotation et son écriture dans le TMS.
Ce qui reste validé par une personne
La validation des cotations au-delà d'un seuil ou hors règle, le chiffrage des demandes hors cadre (matières dangereuses, température dirigée, hors gabarit, nouveaux trajets, appels d'offres), l'achat spot et la modification des règles.
Quand l'approche ne suffit pas
Quand l'essentiel des demandes relève du spot ou du projet sans tarif connu, ou quand les grilles dorment dans des boîtes personnelles et que personne ne sait laquelle est en vigueur : il faut d'abord organiser les tarifs.

Le circuit de la demande à la cotation, étape par étape

Toutes les agences suivent les mêmes dix étapes, qu'une personne ou un système les accomplisse. Les écrire est le premier travail : l'automatisation remplace des étapes, pas un poste, et chaque étape doit laisser une trace pour qu'on sache plus tard pourquoi un prix était ce qu'il était.

Les dix étapes entre un e-mail reçu et une cotation enregistrée dans le TMS, qui fait chacune et ce qui est conservé
ÉtapeCe qui se passeQuiCe qui est conservé
1. EnregistrerChaque e-mail et chaque pièce jointe reçoivent un identifiant, une heure d'arrivée et un statutSystèmeE-mail source, pièces jointes, heure de réception
2. QualifierDemande de cotation, réservation, demande de prix indicatif, modification, appel d'offres, ou autre choseSystème ; une personne en cas de douteLa catégorie et l'indice qui l'a fait choisir
3. ExtraireOrigine, destination, mode, marchandise, matières dangereuses, température, colis, dimensions, poids, dates, Incoterm, prestationsSystèmeChaque valeur avec l'endroit de l'e-mail ou du fichier d'où elle vient
4. ContrôlerComplétude, cohérence, poids taxableSystèmeChamps manquants ou contradictoires, poids taxable calculé
5. QuestionnerUne question au client quand une donnée manque ou se contreditLe système rédige ; l'agence ou une règle envoieQuestion envoyée, réponse reçue
6. ChiffrerTarif contractuel client, tarifs d'achat, surcharges, conversion de devisesSystèmeChaque tarif utilisé, avec sa grille, sa version et sa validité
7. Appliquer les règlesPlancher de marge, minimum de perception, validité, exclusions, seuil de validationSystèmeRègles respectées ou non
8. ValiderAu-dessus d'un seuil, hors règle ou hors cadreResponsable tarification ou cotateurValideur, décision, modifications
9. Envoyer et enregistrerCotation envoyée au client et écrite dans le TMSSystème, ou l'agence en un clicNuméro de cotation, référence TMS, heure d'envoi
10. SuivreL'acceptation devient une réservation ; l'échéance clôt la cotationSystème ; exploitationIssue, motif en cas de perte
Les dix étapes entre un e-mail reçu et une cotation enregistrée dans le TMS, qui fait chacune et ce qui est conservé

Les étapes 1 à 7 sont mécaniques une fois les tarifs et les règles écrits. L'étape 8 concentre le jugement. Les étapes 9 et 10 rendent le travail visible : une cotation qui n'est jamais entrée dans le TMS ne peut être ni relancée, ni transformée en réservation, ni comparée plus tard à la facture du transporteur.

Qualifier la demande avant tout

Une boîte de cotation reçoit bien d'autres choses que des demandes de cotation. Chiffrer à nouveau une réservation, ou traiter un prix indicatif comme une demande ferme, crée des doublons et embrouille le client. La première décision porte donc sur la nature de l'e-mail.

Les types d'e-mails qu'une agence reçoit, comment les reconnaître et quoi en faire
TypeComment il se présenteQuoi en faire
Demande de cotationUn envoi nouveau à chiffrer : trajet, marchandise, dates, sans référence de cotationLa chiffrer (étapes 3 à 9)
RéservationUn ordre de transport, citant souvent un numéro de cotation ou un contratLa rattacher à la cotation ou au contrat et la passer à l'exploitation ; ne pas la chiffrer une seconde fois
Prix indicatif« À combien environ » pour un trajet, sans date ferme ni détail de marchandiseRépondre à titre indicatif depuis le contrat ou la grille, ou demander ce qui manque ; ne jamais l'enregistrer comme une cotation ferme
ModificationUn changement sur une cotation déjà envoyée : nouveau poids, nouvelle date, prestation en plusChiffrer une nouvelle version de la cotation d'origine et conserver l'ancienne
Appel d'offresPlusieurs trajets, des volumes sur une période, une date limite de réponseL'envoyer au service tarification comme un projet : le circuit ligne à ligne n'est pas le bon outil
AutreSuivi d'envoi, question de facture, demande de document, achat de l'entreprise auprès d'un transporteurL'orienter vers la bonne file, avec une trace
Les types d'e-mails qu'une agence reçoit, comment les reconnaître et quoi en faire

En cas de doute sur la catégorie, une personne tranche. Une erreur coûte plus que quelques secondes de relecture : une réservation restée dans la file des cotations est un envoi que personne ne commande au transporteur.

Les données dont dépend le prix

Un prix ne vaut que la description sur laquelle il repose. Le tableau indique ce qu'une demande doit préciser pour que le prix tienne, et la lacune qui fausse le plus souvent une cotation. Le détail de ce qu'une demande routière doit contenir, donnée par donnée, figure dans le guide cotation transport routier : méthode et prix de revient.

Les données d'envoi dont dépend une cotation, ce que « complet » veut dire et la lacune habituelle
DonnéeComplète quandLacune habituelle
Origine et destinationAdresses complètes, ou au moins code postal et pays ; aéroport, port ou quai quand le client y livre ou y enlèveUn nom de ville à plusieurs codes postaux ; porte ou quai non précisé
Mode et prestationAérien, maritime complet ou groupage, routier lot complet, groupage ou messagerie, express ; porte à porte ou quai à quai« Le moins cher » sans mode : chiffrer deux options ou demander
MarchandiseNature en clair, conditionnement, gerbable ou non« Pièces détachées » pour un lot qui contient des batteries
Matières dangereusesNuméro ONU, classe et groupe d'emballage tirés de la déclaration de l'expéditeur, ou un « non dangereux » expliciteLe silence sur une marchandise qui peut être réglementée
TempératurePlage à respecter, groupe frigorifique ou emballage isotherme« Au frais » sans plage
Colis, dimensions, poidsNombre de colis ou de palettes, dimensions par unité, poids brut par unité ou totalUn volume total sans nombre de colis, ou un poids sans dimensions
Poids taxableCalculé à partir du poids et du volume selon la conversion du tarif du transporteurChiffrer au poids réel quand le volume l'emporte
DatesDate de mise à disposition, date de livraison exigée« Urgent » ; une date déjà passée
Incoterm et lieuLa règle et le lieu convenu, qui disent quelles étapes et quels frais le client achèteUn Incoterm en contradiction avec les prestations demandées
PrestationsDédouanement à l'une ou l'autre extrémité, assurance, hayon, rendez-vous, stockageUn « porte à porte » demandé avec un Incoterm qui s'arrête au port
Les données d'envoi dont dépend une cotation, ce que « complet » veut dire et la lacune habituelle

Le poids taxable

Les transporteurs facturent en général le plus élevé du poids réel et d'un poids déduit du volume, et c'est le tarif de chaque transporteur qui fixe la conversion pour son mode. Un système doit donc le calculer fournisseur par fournisseur, à partir des dimensions de chaque colis, avant de chercher un tarif. En routier, la règle d'équivalence propre à chaque transporteur est expliquée dans la partie poids taxable du guide de cotation routière. L'exemple plus bas montre ce que coûte un volume oublié, et le calculateur de CBM et de poids volumétrique fait le calcul pour un envoi.

Matières dangereuses et température

Les marchandises dangereuses sont réglementées mode par mode : ADR pour la route, RID pour le fer, code IMDG pour les colis en mer, instructions techniques de l'OACI pour l'aérien, toutes fondées sur la classification des Nations unies, ses numéros ONU et ses classes, comme le résume le ministère chargé des transports; le code IMDG est obligatoire au titre de SOLAS depuis 2004. Une demande qui déclare des matières dangereuses, ou dont la marchandise peut l'être sans que rien ne soit dit, sort du circuit automatique : l'acceptation, l'emballage et le prix dépendent du transporteur et de la classe. Il en va de même pour une marchandise sous température dirigée sans tarif pour le matériel.

L'Incoterm et le lieu convenu

L'Incoterm dit quelles étapes et quels frais votre client achète. En DAP, par exemple, l'acheteur accomplit et paie le dédouanement import, et supporte le déchargement sauf si le contrat de transport l'inclut: une cotation faite au vendeur en DAP exclut donc les droits à l'import et le déchargement, sauf demande contraire. Le vérificateur Incoterms 2020 donne la répartition règle par règle.

Données manquantes ou contradictoires

Une demande à laquelle il manque une valeur, ou qui en porte deux, n'est pas chiffrée au jugé. Elle reçoit une seule question, qui liste ce qui est nécessaire et pourquoi. Une question précise appelle une réponse rapide ; une question vague ouvre souvent un long échange.

Lacunes et contradictions fréquentes dans les demandes de cotation, et la question à renvoyer
SituationExempleQuestion à renvoyer
Dimensions absentes4 palettes, 720 kg, sans dimensions« Pouvez-vous nous indiquer les dimensions de chaque palette (longueur x largeur x hauteur) ? Le tarif aérien dépend du volume autant que du poids. »
Matières dangereuses incertaines« Pièces détachées électroniques »« Certaines pièces contiennent-elles des batteries au lithium ou d'autres marchandises réglementées ? Si oui, merci de nous transmettre la déclaration de l'expéditeur ou les numéros ONU. »
Deux poids1 200 kg dans l'e-mail, 1 020 kg sur la liste de colisage« Votre e-mail indique 1 200 kg et la liste de colisage 1 020 kg. Lequel devons-nous retenir ? »
Incoterm et prestationsFCA Lyon, mais livraison chez le destinataire demandée« En FCA, c'est en principe votre client qui organise le transport principal. Faut-il chiffrer le porte à porte pour votre compte, ou seulement jusqu'au lieu convenu ? »
Date passéeMise à disposition le 3 octobre, demande reçue le 14« La date de mise à disposition indiquée est le 3 octobre. Quelle date devons-nous retenir ? »
Lacunes et contradictions fréquentes dans les demandes de cotation, et la question à renvoyer

La demande attend ensuite avec un statut (« en attente client ») et une date de relance : elle n'est ni oubliée, ni chiffrée deux fois quand la réponse arrive dans un nouveau fil. Que la question parte seule ou après un coup d'œil de l'agence est un réglage, que le pilote permet de trancher.

Retrouver le bon tarif

Trois familles de prix alimentent une cotation. L'ordre dans lequel on les consulte est une décision commerciale : écrivez-le.

Les trois sources de prix d'une cotation transport et l'usage de chacune
SourceCe que c'estComment on s'en sert
Tarifs contractuels clientPrix de vente convenus avec ce client par trajet, tranche de poids et périodePremière recherche. Si le trajet et la tranche sont couverts et le contrat en vigueur, le prix de vente vient de là, pas d'un coût majoré
Tarifs d'achatGrilles des compagnies aériennes, armateurs, groupeurs, sous-traitants routiers et correspondants à destinationToujours consultés, même sous contrat : le plancher de marge a besoin du coût
Prix spotPrix demandés envoi par envoi aux transporteurs ou correspondants, valables quelques heures ou joursLa demande de prix peut être automatisée ; le choix du transporteur et le prix restent au cotateur
Les trois sources de prix d'une cotation transport et l'usage de chacune

Validité et version

Une agence qui a de bons tarifs cote encore faux quand elle prend la mauvaise version : la grille du mois dernier restée dans un dossier, la mise à jour d'un transporteur arrivée par e-mail et jamais classée. Un système ne peut respecter la validité que si chaque tarif la porte. Pour chaque grille, conservez :

Ce qu'il faut enregistrer pour chaque grille afin qu'un système choisisse le bon tarif
ChampPourquoi
Fournisseur et interlocuteurPour qu'une question parte vers la bonne personne
Version et date de réceptionDeux grilles pour le même trajet ne doivent jamais se confondre ; la plus récente en vigueur l'emporte
Début et fin de validitéUn tarif échu n'est plus un tarif
Trajet ou zonesOrigine et destination telles que le fournisseur les définit : aéroports, ports, zones de codes postaux
Mode, matériel, niveau de serviceDirect ou groupé, type de conteneur ou de véhicule, délai
Tranches et minimum de perceptionPaliers de poids ou de volume, et le minimum facturé par le fournisseur
DeviseCelle dans laquelle le fournisseur facture
Ce que le tarif comprendTout compris, ou tarif de base avec surcharges à part
ConditionsLimites de poids ou de dimensions, marchandises exclues, matières dangereuses refusées
Ce qu'il faut enregistrer pour chaque grille afin qu'un système choisisse le bon tarif

Deux règles en découlent. Un tarif échu n'est jamais utilisé, même s'il est le seul pour ce trajet : la demande part chez un cotateur. Et la validité d'une cotation ne dépasse jamais la première échéance parmi les tarifs qu'elle utilise. Pour comparer deux grilles d'achat sur un même panier d'envois, le guide de cotation routière explique comment lire et comparer deux grilles tarifaires.

Surcharges, devises, inclusions et exclusions

Une surcharge appartient à un contrat ou à un transporteur

Carburant, sûreté, haute saison, ajustement monétaire : les noms sont communs, les montants et les règles ne le sont pas. Chaque transporteur publie les siens, et vos contrats disent s'ils sont refacturés au coût, inclus dans un tarif tout compris ou plafonnés. Maersk, par exemple, définit sa surcharge haute saison comme un frais saisonnier appliqué sur certains trafics pendant les périodes de fort volume; un autre armateur peut avoir une autre règle.

En transport routier de marchandises, la répercussion du prix du gazole est organisée par la loi (code des transports, articles L3222-1 et L3222-2), les indices à prendre en compte étant publiés par le Comité national routier, comme le rappelle le ministère de la Transition écologique. Le mécanisme et ce qu'il faut écrire au contrat sont détaillés dans le guide cotation transport routier, partie sur ce qui s'ajoute à la traction. Un système applique le tableau de surcharges attaché au tarif utilisé, pour la période de l'envoi, et la cotation dit quelles surcharges sont révisables.

Les devises et la date du taux

Une cotation en euros qui intègre les frais d'un correspondant facturés en dollars dépend d'un taux de change. Indiquez sur la cotation le taux retenu, sa source et sa date, et décidez dans vos règles s'il est figé pendant la validité de la cotation. Un taux de référence n'est pas un taux de transaction : la Banque centrale européenne publie ses taux de référence à titre d'information et déconseille vivement leur usage pour des transactions. Appliquez votre propre règle, souvent un taux interne hebdomadaire fixé par la comptabilité, de la même façon à toutes les cotations.

Inclusions et exclusions

Deux cotations au même total mais aux exclusions différentes ne sont pas le même prix. Chaque cotation doit dire ce qu'elle comprend et ce qu'elle exclut : dédouanement à chaque extrémité, droits et taxes, assurance, déchargement, attente, stockage, et les surcharges révisables. Générez cette liste à partir de l'Incoterm, des prestations demandées et des grilles utilisées, pas d'un champ libre que quelqu'un oublie de mettre à jour.

Règles commerciales et planchers de marge

Les règles qu'un cotateur expérimenté applique de mémoire doivent être écrites avant qu'un système puisse les appliquer. La plupart tiennent dans un court tableau, et chacune a un responsable qui peut la modifier.

Les règles commerciales contrôlées sur chaque cotation, et qui en est responsable
RègleCe qu'elle ditResponsable
Plancher de margeMarge minimale par cotation, en pourcentage du prix de vente et en montantResponsable tarification
Conditions clientTarifs contractuels, majorations convenues, remises, délais de paiementCommercial, avec la tarification
Minimums de perceptionLe prix de vente le plus bas par mode ou prestation, quel que soit le poidsResponsable tarification
ArrondisComment les prix de vente sont arrondis, par ligne ou sur le totalComptabilité
Validité de la cotationJamais au-delà de la première échéance parmi les tarifs utilisésResponsable tarification
Seuil de validationMontant, marge ou client au-delà desquels une personne valideDirecteur d'agence
Marchandises ou trajets refusésNatures, destinations ou clients que l'entreprise ne cote pasDirection, conformité
Les règles commerciales contrôlées sur chaque cotation, et qui en est responsable

Précisez sur quelle base la marge est exprimée. Rapportée au prix de vente, c'est le taux de marque ; rapportée au coût d'achat, le taux de marge. Les deux ne donnent pas le même chiffre pour la même cotation : dans l'exemple plus bas, 557 € de marge sur 4 508 € de vente font un taux de marque de 12,36 % et un taux de marge de 14,10 %. Un plancher écrit sans sa base sera appliqué de deux façons.

La validation avant envoi

C'est à la validation que le temps gagné se garde ou se perd. Un valideur qui doit refaire le calcul y passera autant de temps qu'avant. L'écran de validation doit montrer, pour chaque cotation :

  • L'e-mail du client et ses pièces jointes, chaque valeur extraite reliée à l'endroit où elle a été lue
  • Le poids taxable et la façon dont il a été calculé
  • Chaque ligne de prix avec son tarif d'achat, le fournisseur, la version de grille et sa validité
  • Le taux de change utilisé et sa date
  • Les règles contrôlées, avec en clair celles qui ont déclenché la validation
  • La cotation telle que le client la recevra
  • Valider, modifier avec un motif, refuser, ou renvoyer une question au client

Chaque modification est enregistrée avec son motif. Une modification qui revient (la même surcharge corrigée, le même trajet rechiffré) signale une règle ou une grille à corriger, pas une raison de tout faire valider indéfiniment.

Écrire la cotation dans le TMS

Une cotation qui n'existe que dans un e-mail envoyé ne peut être ni transformée en réservation, ni suivie, ni comparée à la facture du transporteur. Écrivez-la dans le TMS comme un enregistrement de cotation, avec ses lignes :

Ce qu'il faut écrire dans le TMS pour chaque cotation
ChampContenu
Lien vers la demandeL'e-mail et les pièces jointes d'origine, l'identifiant de la demande
Client et contactsRapprochés de la fiche client, pas ressaisis
Trajet et prestationOrigine, destination, mode, Incoterm et lieu convenu
MarchandiseColis, dimensions, poids brut, volume, poids taxable, données matières dangereuses
Lignes de prixUne ligne par élément, avec montant d'achat, fournisseur, version de grille, montant de vente et devise
Taux de changeLe taux utilisé, sa source et sa date
Validité et conditionsÉchéance de la cotation, surcharges révisables, inclusions et exclusions
ValidationQui a validé, quand, et ce qui a été modifié
StatutBrouillon, en attente de validation, envoyée, acceptée, échue, perdue avec motif
Ce qu'il faut écrire dans le TMS pour chaque cotation

La façon d'écrire dépend du TMS : une API, une interface d'import, ou l'écran lui-même. Chez OFRET Groupe, Mirage s'est connecté à l'API de Logitude World et a construit l'automatisation à l'intérieur du TMS que les deux entités utilisaient déjà. Pour tout autre TMS, la connexion est possible mais doit être configurée et validée sur votre système. Quand le client accepte, la cotation devient la référence de la réservation, et ses lignes d'achat deviennent ce que le contrôle des factures de transport vérifie.

Exemple chiffré : une demande export aérien

Exemple illustratif, chiffres inventés : une cotation export aérien de Lyon vers Newark (New Jersey)

La demande. Le 14 octobre, un client sous contrat, fabricant de machines près de Lyon, écrit : quatre palettes de pièces mécaniques, non dangereuses, chacune de 120 x 80 x 150 cm et 180 kg, prêtes le 20 octobre, à livrer à l'entrepôt de son client à Newark (New Jersey), en DAP Newark. Tout ce qu'il faut est là : la demande est complète et porte sur un trajet sous contrat.

Le poids taxable. Poids réel : 4 x 180 = 720 kg. Volume : 4 x 1,20 x 0,80 x 1,50 = 5,76 m³, soit 5 760 000 cm³. La grille de la compagnie convertit à raison de 6 000 cm³ par kg : le poids volumétrique est de 960 kg. Poids taxable : 960 kg.

Les tarifs trouvés. Grille de la compagnie CDG vers JFK, version 3, valable du 1er au 31 octobre : 2,10 €/kg au-delà de 500 kg, carburant 0,85 €/kg et sûreté 0,15 €/kg pour la semaine en cours. Sous-traitant routier : 380 € forfaitaires jusqu'à six palettes de Lyon à CDG. Frais export et déclaration : 95 €. Correspondant à Newark : transfert aéroport et manutention 140 USD, livraison 420 USD. Contrat client : fret aérien 2,45 €/kg au-delà de 500 kg, frais export 140 € forfaitaires, carburant et sûreté de la compagnie refacturés au coût, autres étapes au coût majoré de 20 %. Taux de change : taux interne de la semaine du 12 octobre, 1 € = 1,12 USD.

Lignes d'achat et de vente de la cotation, en euros (chiffres inventés)
LigneCalcul de l'achatAchat €Règle de venteVente €
Pré-acheminement Lyon vers CDG (route)380,00 forfait380,00coût + 20 %456,00
Fret aérien CDG vers JFK960 kg x 2,102 016,00contrat 2,45/kg2 352,00
Surcharge carburant (compagnie)960 kg x 0,85816,00au coût816,00
Surcharge sûreté (compagnie)960 kg x 0,15144,00au coût144,00
Frais export et déclaration95,00 forfait95,00forfait contrat140,00
Destination : transfert, livraison Newark560 USD / 1,12500,00coût + 20 %600,00
Total3 951,004 508,00
Lignes d'achat et de vente de la cotation, en euros (chiffres inventés)
Règles contrôlées avant envoi (seuils inventés)
ContrôleValeurRésultat
Marge4 508,00 - 3 951,00 = 557,00 €Calculée
Plancher : 10 % du prix de vente557,00 / 4 508,00 = 12,36 %Respecté
Plancher : 300 €557,00 €Respecté
Seuil de validation : vente au-delà de 4 000 €4 508,00 €Validation du responsable tarification
ValiditéGrille aérienne valable jusqu'au 31 octobre ; carburant et sûreté au taux en vigueur à la date du volIndiquée sur la cotation
Règles contrôlées avant envoi (seuils inventés)

L'issue. La cotation respecte toutes les règles mais dépasse le seuil de validation de 4 000 € : elle attend la responsable tarification, avec le calcul ci-dessus. Elle la valide sans changement. La cotation indique : 4 508,00 € en DAP Newark ; tarif aérien valable jusqu'au 31 octobre ; surcharges carburant et sûreté au taux en vigueur à la date du vol ; frais de destination convertis à 1,12 USD pour 1 € (taux interne du 12 octobre) ; exclus : dédouanement import, droits et taxes, déchargement à Newark, assurance, stockage et attente. Elle est écrite dans le TMS avec ses six lignes et la validation.

La même demande chiffrée au poids réel. Si le volume avait été oublié, le fret aérien, le carburant et la sûreté auraient été vendus sur 720 kg : 1 764,00 + 612,00 + 108,00, soit un total de 3 680,00 €, alors que la compagnie facture 960 kg et que le coût reste de 3 951,00 €. L'envoi aurait perdu 271,00 € au lieu d'en rapporter 557,00.

Les situations de demande : ce que fait le système, qui décide

Chaque demande relève de l'une de ces situations. L'intérêt du tableau tient dans ses deux dernières colonnes : pour chaque cas, on a décidé à l'avance qui agit, si bien que rien n'attend que quelqu'un s'en aperçoive.

Les situations de demande de cotation, ce que fait le système, qui décide et le statut qui en résulte
SituationExempleCe que fait le systèmeQui décideStatut
Complète et standardTrajet sous contrat, tarifs en vigueur, marchandise ordinaire, toutes les règles respectées, sous le seuilChiffre la cotation, l'écrit dans le TMS, l'envoie ou la place dans la file de l'agence pour un envoi en un clic, selon le réglagePersonne, ou l'agence en un clicEnvoyée
Standard, au-delà d'un seuilIdem, mais le montant ou le client impose une validationLa chiffre et la met en attente avec le calcul et ses sourcesResponsable tarificationÀ valider
Données manquantesPas de dimensions, pas de code postal, pas de dateRédige une seule question qui liste ce qui manque ; ne chiffre rien au jugéL'agence envoie la question, ou une règle le faitAttente client
Données contradictoiresDeux poids, un Incoterm contraire aux prestations, une date passéeAffiche les deux valeurs et leur provenance ; rédige la questionL'agenceAttente client
Hors règleMarge sous le plancher, tarif contractuel sous le prix d'achat, tarif échuBloque l'envoi ; montre la règle en défaut et les chiffresResponsable tarificationBloquée
Hors cadreMatières dangereuses, température dirigée, hors gabarit, trajet sans tarif, appel d'offresStructure la demande et l'oriente vers un cotateur avec le motif ; peut lancer des demandes de prix spot si c'est prévuCotateurAu cotateur
Pas une demande de cotationRéservation, suivi, question de factureL'oriente vers la bonne file, rattachée à la cotation ou au dossierExploitation ou comptabilitéOrientée
Les situations de demande de cotation, ce que fait le système, qui décide et le statut qui en résulte

Ce qui reste au cotateur

L'automatisation prend la partie répétitive de l'agence, pas son jugement. Restent aux personnes :

  • Les demandes hors cadre : matières dangereuses, température dirigée, hors gabarit ou colis lourds, transports exceptionnels, trajets sans tarif.
  • L'achat spot : choisir les transporteurs à consulter, négocier, retenir une offre. Le système peut envoyer les demandes de prix et aligner les réponses.
  • Les exceptions commerciales : coter sous le plancher pour gagner un trajet, un nouveau client, un compte stratégique.
  • Les appels d'offres : des dizaines de trajets et des volumes sur une période forment un projet de tarification, pas une suite de cotations.
  • Les règles elles-mêmes : planchers de marge, seuils et catégories qui partent sans relecture.

Ce qui change, c'est l'emploi du temps du cotateur : il va aux demandes qui demandent une décision, et part d'une demande structurée plutôt que d'un e-mail brut.

Protocole de pilote et critères de réussite

Un pilote répond à une question : sur vos propres demandes, avec vos propres tarifs, peut-on se fier aux cotations préparées, et pour quelle catégorie de demandes ? Menez-le en parallèle de l'agence, et fixez les critères avant de commencer.

  1. Choisir le périmètre : une agence ou une entité, un ou deux modes, les trajets pour lesquels les tarifs sont à jour. OFRET Groupe a mis en place un environnement par entité, parce que ses métiers d'affrètement complet et de groupage ne définissent pas une demande standard de la même façon.
  2. Réunir ce que l'agence utilise : contrats, grilles en vigueur avec leurs versions, tableaux de surcharges, règle de taux de change, et les règles écrites dans le tableau ci-dessus.
  3. Fonctionner en double : l'agence cote comme d'habitude ; le système traite les mêmes demandes et n'envoie rien. Couvrir au moins une période complète de validité des grilles, pour éprouver les échéances et les nouvelles versions.
  4. Comparer chaque jour, cotation par cotation, et classer chaque écart : erreur du système, erreur de l'agence, problème de grille, ou ambiguïté réelle.
  5. Corriger règles et tarifs à partir de ces écarts, et mesurer à nouveau.
  6. Passer en production par paliers : d'abord chaque cotation validée par une personne, puis l'envoi automatique pour la catégorie la plus étroite qui a rempli les critères, puis des catégories plus larges.
Critères de réussite d'un pilote d'automatisation des cotations, comment les mesurer et pourquoi
CritèreComment le mesurerPourquoi
QualificationDemandes correctement classées (cotation, réservation, prix indicatif, autre), sur tout ce qui est reçuUne demande de cotation mal classée est un client qui n'a pas de réponse
ExtractionChamps identiques à ceux que le cotateur a retenus, champ par champSavoir quels champs échouent avant de croire un prix
Justesse du prixCotations préparées que le cotateur aurait envoyées sans changer le prix, sur les demandes standardLe chiffre qui décide si les brouillons peuvent partir
Erreurs après envoiCotations corrigées après envoi, ou marge perdue à la facturation parce que la cotation était fausseZéro sur les cotations automatiques avant d'en élargir le périmètre
OrientationDemandes hors cadre arrivées chez un cotateur, aucune chiffrée automatiquementUne seule demande de matières dangereuses chiffrée comme une marchandise ordinaire fait échouer le pilote
Délai de réponseDe la réception de l'e-mail à l'envoi de la cotation, médiane et neuvième décile, standard et hors cadre séparésLa médiane cache les demandes qui attendent une journée
Rien de perduDemandes reçues moins demandes arrivées à un statut finalZéro chaque jour
Critères de réussite d'un pilote d'automatisation des cotations, comment les mesurer et pourquoi

Fixez le seuil de chaque critère avec le responsable tarification avant le pilote, et publiez les définitions avec les résultats. Le guide du pilote d'automatisation documentaire détaille le cadrage, la mesure de départ et la décision de mise en production, et le calculateur de ROI de l'automatisation traduit le temps passé par cotation en retour sur investissement, avec vos chiffres.

Choisir une solution : les questions à poser

Que vous partiez des outils de votre TMS, achetiez un logiciel ou fassiez appel à une équipe qui déploie sur vos systèmes, posez les mêmes questions. Les réponses comptent plus que la démonstration.

Questions à poser à un fournisseur d'automatisation des cotations, et ce qu'est une bonne réponse
QuestionUne bonne réponse
Séparez-vous les demandes de cotation des réservations, des demandes de prix indicatif et du reste ?Un classement visible et corrigeable, avec le motif de chaque choix
Comment montrez-vous d'où vient une valeur ?L'e-mail ou le fichier ouvert à l'endroit où la valeur a été lue
Quelles sources de tarifs lisez-vous, et comment gérez-vous versions et échéances ?Tarifs contractuels et d'achat avec version et validité ; un tarif échu n'est jamais utilisé
Comment calculez-vous le poids taxable ?Avec la conversion du tarif de chaque transporteur, paramétrable par mode et par fournisseur
Où vivent nos planchers de marge et nos seuils de validation, et qui les modifie ?Des règles que vous possédez, modifiez et auditez, pas du code chez le fournisseur
Qu'est-ce qui fait exactement partir une cotation sans intervention humaine ?Des conditions écrites, étroites au départ, élargies à partir des données du pilote
Comment la cotation est-elle écrite dans notre TMS ?Par l'interface ou l'API du TMS, comme un vrai enregistrement de cotation ; pour un TMS jamais connecté, un plan de configuration et de validation
Quels chiffres pouvez-vous montrer d'un déploiement réel, et que mesuraient-ils ?Un client nommé, une définition, une date ; pas un taux d'automatisation général
Questions à poser à un fournisseur d'automatisation des cotations, et ce qu'est une bonne réponse

Pour un tour d'horizon des éditeurs, voir sur le blog les outils IA pour les transitaires; pour la connexion au TMS en général, l'intégration TMS pour l'automatisation des documents de fret.

En production : OFRET Groupe

OFRET Groupe est un groupe de commission de transport qui réunit deux métiers : OFRET pour l'affrètement complet, SWILL pour le groupage. Les deux chiffrent différemment, avec des réseaux de transporteurs, des types de documents et des règles différents pour définir une demande standard. Mirage a donc mis en place deux environnements d'agent de chiffrage distincts, un par entité, tous deux reliés au TMS du groupe, Logitude World, par son API, sans couche logicielle supplémentaire.

Selon l'étude de cas, l'agent lit chaque demande entrante, en extrait l'origine, la destination, le poids, le volume, les incoterms et les délais, puis les confronte au réseau de transporteurs et de sous-traitants propre à l'entité pour préparer la cotation. Un dossier part vers un opérateur avant tout envoi quand une donnée manque, que l'extraction a un faible niveau de confiance, que la tarification sort des grilles standards de l'entité ou que la demande ne correspond au profil habituel d'aucune des deux. Le déploiement a commencé par l'extraction des documents fret, puis a ajouté les demandes de cotation, puis une couche de vérification. L'étude de cas indique que plus de 90 % des demandes de cotation standard sont traitées automatiquement sur les deux entités ; ce chiffre décrit le déploiement d'OFRET et sa propre définition d'une demande standard.

La page logistique présente ce que Mirage déploie pour les transitaires et les transporteurs.

Questions fréquentes

Sources et périmètre

Vérifié le . Périmètre : le circuit de la demande à la cotation chez les transitaires, commissionnaires et transporteurs. La méthode, les tableaux et l'exemple sont ceux de Mirage ; les chiffres de l'exemple sont inventés. Les montants et règles des surcharges appartiennent à chaque transporteur et à chaque contrat ; aucun n'est donné ici comme tarif.

Sur le même sujet

Envoyez-nous une semaine de demandes de cotation

Envoyez un échantillon de vraies demandes avec les grilles et les règles que votre agence a utilisées. Nous vous renvoyons chacune classée, avec ses données extraites, le poids taxable, les tarifs et règles appliqués, et soit une cotation préparée, soit le motif qui la renvoie à un cotateur, pour la comparer à ce que votre agence a envoyé.

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